克里斯蒂安.盖拉德(Christian Gaillard) page3

Vivre avec la mort, aimer la vie comme la mort

Un festin sanguin est toujours fascinant.  Même l’écrivain Heimingway fasciné par l'Espagne, a consacré plusieurs ouvrages pour partager sa passion pour la corrida. Il décrivait la corrida comme « Enivrante, irrésistible et éternelle » dans son roman « La Mort l’Après-midi ».

Comment devenir un matador ?

Pour beaucoup de garçons qui rêvent de revêtir l’habit de lumière, ça peut être un long chemin à parcourir, d’un petit saisonnier d’arène à un apprenti torero qui subit des entrainements hors norme ; il y en a bien sûr, ceux qui avec un grand talent et un peu de chance connaissent un chemin plus court grâce à la réputation honorable de leur famille de matadors. Pourtant pour tous et dans les yeux des taureaux, il faut avoir courage, agilité et l’amour de la mort comme de la vie.

Une corrida est programmée avec 3 matadors pour 6 taureaux donc 2 pour chaque matador. Ce sont les peones qui reçoivent le taureau afin de le tester et ensuite deux picadors affrontent le taureau et le blessent à l'aide d'une longue pique. Seuls les matadors ont le droit de s’habiller de lumière (la couleur d’or) tandis que les assistants sont en habit d’argent.

Extrêmement codifiée et ritualisée, la corrida reflète la délicatesse et la sainteté qu’une noblesse d’empire telle que celle de l’Espagne se devait de posséder.

Une fois les spectaculaire installés entrent les deux cavaliers en habit du 16eme siècle qui vont symboliquement demander au président la clé du toril. Un moment solennel, avec un silence radieux tout le monde accueille le taureau.

Soudain la musique rompt le silence, se présentent ensuite les trois matadors suivis de leurs cuadrillas(équipe) composées des peones et des picadors, leurs habits de torero brillent au soleil. Ils font le tour d'honneur positionnés par ancienneté avant de s’arrêter en face du président pour s'incliner vers ce dernier.

Après le signal de la main du président, le cor sonne le commencement du combat : le toril est ouvert et le taureau se précipite dans l’arène.

Avant le combat, le matador se recueille et prie tout seul devant une chapelle pour que la faena se passe bien. C’est peut-être sa dernière prière.

Au centre de l’arène, il s’incline devant les spectateurs tout autour, signifiant la dédication de sa vie, puis s’incline aussi vers le taureau en signe de respect. Ici les deux vies sont égales, tuer ou être tué.

« Aucun torero ne manque de respect aux taureaux. Les toreros, sont peut-être ceux qui comprennent cette bête le mieux du monde. Face à face sur le terrain de combat, ils sont tous deux ensembles, le centre de la terre. » ajoute-il en pesant soigneusement ses mots. « Le vrai malheur pour les animaux, c’est qu’ils sont menés à l’abattoir. » Aborder ce sujet bien sensible entraîne une réponse prudente, « L’homme et l’animal, ici et à ce moment du combat, sont égaux comme les deux adversaires qui rendent la gloire l’un l’autre. »

Le penchant naturel des taureaux est de combattre. Le taureau espagnol descend d’un animal sauvage d’Afrique du Nord. Ils sont élevés dans des conditions d'isolement jusqu’à l’âge de 5ans avant qu’ils ne soient envoyés dans les terrains de combat. Les taureaux sont spécialement sélectionnés en fonction de leurs qualités au combat et de leur masse corporelle, donc un taureau docile rend nulle la gloire du torero. Un vrai torero a besoin d’un adversaire à sa mesure, un combattant comme lui-même, de porter la tension du danger à son degré ultime.

La couleur rouge n’est qu’une tradition, les taureaux distinguent mal les couleurs. Pendant une corrida, le taureau est en réalité excité par l’agitation de la muleta : il charge ce qui bouge.  Un taureau de combat pèse environ 4-5 00 kg. Ceux qui ont survécus au combat finissent généralement par être tués dans le toril aussitôt après la corrida. Parallèlement les toreros risquent leur vie d'un coup de corne.

Les espagnols disent « torear es parar, templar y mandar », c’est dire que la vraie corrida n’est pas le taureau combattant l’homme mais le contraire, c’est l’homme combattant le taureau. Un excellent spectacle de torero doit donner l’impression de l’éternité avec dignité et élégance. En espagnol, « pundonor » est un mot fondamental, sa signification comprend la dignité, la droiture, le courage et la pudeur.

« Il y a des toreros superficiels qui ne savent que se vanter de leur habileté, tandis que d’autres manifestent leur force en face de la mort, leur puissance. Pourtant les véritables matadors, sont eux-mêmes art, un Duende. »

« Duende ? Qu’est-ce que c’est ? »

Moi qui n’ai jamais entendu ce mot je l’interromps pour lui poser la question. « Ce n’est pas facile à expliquer, » répond Christian Gaillard sans aucun air suffisant. Si les toreros sont ceux qui comprennent le mieux au monde les taureaux, il doit être celui qui les comprend le mieux parmi les peintres. Il retourne à la cuisine pour faire du café en réfléchissant.

(原文如下):

 

像热爱生命一样热爱死亡

 

    这一血腥的盛宴历来令人痴迷。连海明威也舍得耗費文字在不同的著作中一遍遍描写斗牛,可能正如他在《死在午后》中说的:“它使人陶醉,能让人有不朽之感,使人上瘾”。

 

    如何成为一个斗牛士?

 

    有的人多年苦练,从观众到斗场的打工孩童,一步一个脚印向上进阶;有的人凭着上天给予的幸运,或者是斗牛士家族的名气,轻易举身沙场。无论如何走到公牛面前,所有的斗牛士,除了勇敢、技巧成熟以外,必须要像热爱生命一样热爱死亡。

 

    每场斗牛,由三个斗牛士出场对战六头公牛,每人两个回合。每位斗牛士身后都有助手,包括三个花镖手和两个骑马的长矛手。只有斗牛士可以身着金色的服装,助手着银色。

 

    在斗牛中,我们可以瞥见西班牙传统仪式的繁复与厚重,仪式的背后是一个帝国的贵族该有的精致、宗教该有的神圣。

 

    当观众坐好,两位引导人穿着十六世纪装束骑马上场。他们策马跑向主席台,祈求赐予牛栏钥匙。此时场内俱静,只待开栏这庄严的一刻。

 

    寂静终于被乐队打破,三位斗牛士各自率助手上场。绸制的斗牛士服在阳光下十分耀眼。他们摆着特有的姿势绕场一周,随后来到主席面前向他鞠躬致意,主席反手一挥,号角吹响,牛栏大门敵开,公牛勇猛地冲入场地,战斗开始。

 

    斗牛士上场之前,他会在竞技场内的神庙独自祭拜祈祷,这很可能是他最后一次祭拜。

 

出场后,他会对所有观众鞠躬,意味着他将生命献给观众;再向公牛鞠躬,以表示对其尊敬,此时此地两者生命平等,他将杀死对方,或者被牛杀死。

 

“没有哪一位斗牛士不尊敬公牛,可以说斗牛士是世界上最了解公牛的人。当他与公牛一起站在竞技场中央时,他们同属世界的中心。在屠宰场才是动物真正的不幸盖拉德仔细地寻找着合适的词语,这个话题很敏感,他回答的时候很谦卑,“而在竞技场上,动物和人是平等的,此时此刻,他们像两个决斗的武士一样,成就彼此的荣耀。

 

    公牛天生好斗。斗牛一般是生性暴烈的纯血统北非公牛,它们由特殊的驯养场养育,上战场时大约五岁。选公牛会尽量避免胆小、温顺的,温顺的对手有损斗牛士的士气和荣誉。斗牛士需要和他们一样的战士,可以将自己的生命逼到极致的公牛。

 

    红色只是一种传统,其实牛都是色盲,只要是摇动的物体就能激起它们的斗志。正式竟技的公牛体重在四百到五百公斤,没有在战斗中被斗牛士刺死的牛最终也将被引入牛栏,由他人用剑刺死。同样,历史上许多著名的斗牛士也不免被牛挑死的命运。

 

    西班牙人说,"torear es parar, templar y mandar “,意思是,真正的斗牛,是人斗牛,而非牛斗人。杰出的斗牛士的表演会给人以 “不朽之感”,充满了优雅的自尊。在西班牙,自尊可是个非常实质性的词汇,西班牙语"pundonor"包含了自尊、正直、勇气、自重的意思。

 

“有肤浅的斗牛士,纯粹是为了秀技术,也有一些斗牛士展现了真正直面死亡的力量,一种气魄;还有一些,他们是一种艺术的存在,是一种杜安德(Duende) ”

 

“杜安德?”

 

    我从未听过这个词语,只好打断他。盖拉德没有一丝傲慢,如果说斗牛士是最了解牛的人,那他一定是最了解斗牛的画家了。他想了想,转身去煮了杯咖啡。“要解释这个词语不容易。”他说。