克里斯蒂安.盖拉德(Christian Gaillard) page5

La vie des toreros

Ce qui faisait réussir Christian Gaillard, c’est l’observation à courte distance de la vie des toreros. Il applaudit en criant « duende ! » avec tous les autres spectateurs dans l’arène, il fréquente leur salon pour bavarder avec eux un verre à la main. Ainsi il partage leurs secrets et aussi comprend leur bravoure comme leur couardise puis il s'éprend de leur vie flamboyante.

Depuis 1991 où il a remporté le prix de la Maîtrise royale de cavalerie de Séville, il a approfondi la connaissance de la vie des toreros. Il a même participé à leur entraînement secret, vu leurs larmes cachées, leurs épaules tremblantes de peur et leurs regards suspicieux. Quand ces toreros subliment leurs sentiments ordinaires dans un paroxysme de méditation, ils s’habillent pièce par pièce devant Gaillard revêtant leur costume de cérémonie et les parures d’honneur.

Etant soumis à de nombreux entrainements sévères, arrive le moment de descendre dans l’arène comme un vrai torero. C’est un moment prestigieux comme si tout son habit était enchanté par la beauté et le pouvoir de la volonté humaine qui attendent ce moment pour se libérer.

Gaillard peint de nombreux portrait de toreros mais il les représente de dos parce qu’il préfère les représenter le général plutôt que les individus bien qu’il soit lui-même ami de plusieurs toreros qu’il apprécie qui ont conquis son estime et son admiration, « leur existence elle-même représente une profondeur de la vérité de vie. » explique-il.

El Cordobés, un matador espagnol parmi les plus célèbres du XXe siècle, fils d’un ouvrier, qui manquait de moyens pour payer ses entrainements, il est devenu désormais et  pendant les années 70s, un torero extraordinaire pour sa bravoure et sa sagesse. Au centre du terrain de combat, il tournait le dos au taureau sans crainte, les yeux fermés, attendant l’assaut de son adversaire jusqu’au dernier instant où la charge meurtrière de la bête le frôlait, s’étant retourné habilement et élégamment.

Le magazine américain Life donnait le conseil suivant à propos de la corrida : « Si sur l’affiche est écrit “El Cordobés”, ne la ratez surtout pas ; dans le cas contraire, ne perdez pas votre temps à ce spectacle sans intérêt ».

Gaillard a une fois rendu visite à ce célèbre matador dont la peau était marquée par l’âge. Il a ouvert son armoire chez lui pour Gaillard, « C’est une armoire immense faite de plusieurs espaces où il pouvait ranger tous les habits de combat de sa vie. » se souvient Gaillard gesticulant pour me décrire la scène qui l’a beaucoup impressionné.

« Là y brille toute la splendeur d’une ère espagnole. » ajoute-il.

Une autre légende vivante, qui continue à jouer dans l’arène, c’est Juan José Padilla dont Gaillard a peint le portrait.

« Lui, il incarne un esprit immortel de feu sauvage. » Il y a quelques années Juan José Padilla est gravement encorné par un taureau, la corne du taureau l’a fixé par terre pendant un bon moment… « La scène était d'une atrocité inouïe et j’ai eu l’horreur de la voir ». Padilla s’est coupé du monde pendant des mois lors qu’il était hospitalisé. Quand tout le monde croyait que sa carrière était terminée, peu après sa sortie de l'hôpital, il est redescendu dans l'arène en habit de lumière, avec un bandeau sur l'œil gauche. Tout l’Espagne était en effervescence. Lui, un genou à terre, il baisait la terre sous ses pieds, ensuite il a enlevé sa montera et l’a dédié à une dame qui avait perdu un œil pendant la guerre. Il serrait les poings en criant « vive la vie ! »

« Vivre en combattant, c’est le seul mode de vie pour les toreros. Beaucoup d’entre eux qui ne peuvent plus retourner à l’arène à cause de blessures au combat finissent par souffrir de dépression et même se suicider. » dit Gaillard, « Ils ont besoin de la mort à affronter au combat, ça les rend vivant. » Après une petite pause, il continue, « ça rend vivant tout le monde d’ailleurs ».

(原文如下):

 

走进斗牛士的生活

 

    盖拉德的绘画作品背后,是他对斗牛士生活近距离的观察。他从竞技场的观众席上站起来热烈地鼓掌,大呼杜安德,他会坐进斗牛士的客厅和他们喝酒聊天。他熟悉斗牛士们的秘密,懂得他们的勇气与胆怯,进而热爱他们燃烧的生命。

 

    尤其是1991年获得西班牙皇家斗牛绘画头等奖之后,他越来越深入斗牛士的生活。他参与他们的秘密训练,从最贴近真实的距离,看见他们隐藏的懦弱和眼泪、他们颤抖的肩膀和怀疑的眼神。当斗牛士升华了这些普通人的情感,达到自己修炼的顶端时,他们会在盖拉德面前一件一件穿上礼服,佩戴好每一件象征荣誉和历史的装饰。

 

    经过无数次练习,即将走上装满观众的竞技场,这是一个魔力的时刻,那些服装都被施了魔法,将人类克制的力量与美吸附在内,等待某一个瞬间,统统释放。

 

    盖拉德画的几乎都是斗牛士的背影,因为他不想只画个体,他要展示作为一个群体的斗牛士。但总有几位斗牛士是盖拉德特别欣赏和敬佩的.“他们的存在,代表了一种深度,一种生命的真相。"

 

    艾尔.科多巴(El Cordobés),这位靠胆量和智慧走上西班牙荣誉顶峰的斗牛士,他父亲是普通的工人阶级,当年没能接受任何专业培训,但他终于从一个常常逃票去竞技场的孩子,成长为一位受人尊重的优秀斗牛士。在上个世纪70年代,他无畏地背对公牛站着,闭上眼睛,等待其发力前冲,然后在几乎即将被夺去性命的一刻优雅而巧妙地转身。

 

    美国《生活》杂志以他的形象作为封面,并宣称“最伟大的斗牛士,此生如有幸看见印有他名字的海报,无论价格,千万不要错过。”

 

    盖拉德曾去这位最著名的斗牛士家里拜访他。勇敢的斗牛士已经不再年轻,脸上尽是岁月的痕迹。他给盖拉德看自己的衣柜,“哗啦一拉开门,是好几个房间大的储衣房,里面装着他毕生的战服。"盖拉德回忆起,手舞足蹈地试图描述那个令他眼前一亮的场景

 

    “西班牙一个时代的光辉都在那里了。”他说。

 

    盖拉德也为另一位活着的传奇,胡安.何塞.帕迪拉(Juan José Padilla)绘制了肖像,而帕迪拉仍然在战斗。

 

“他代表了一种灵魂,是真正在活着的、野火般不死的灵魂帕迪拉在数年前最顶峰时的一次斗牛中被牛角刺伤眼睛,他被公牛踩在地下,用角顶了数秒。“惨不忍睹,我都不敢看”。他住院的数月中完全和外界失去联系,但当所有人都以为他会销声匿迹的时候,他裹着伤眼又穿上了“光明的盛装”出现在竞技场中央。整个西班牙都为他沸腾了,他单膝跪地,深情地亲吻了脚下的土,并将头帽脱下,献给了场上一位观众,一位在战争中失去一只眼睛的夫人。他捏紧拳头呼喊.“生命万岁!”

 

    “战斗着,是斗牛士们唯一的活法。受伤之后无法再上竞技场的斗牛士,许多都会得抑郁症自杀。”盖拉德说,“他们需要斗牛时随时将至的死亡那让他们活着,”他顿了一下,“那让我们所有人活着。“ (全文完)