Anora Borra

31. May, 2017

        画作以其惊人的尺幅让观者直接面对这些逼真的裸体,面对它那厚重慷慨的色彩盛宴,面对它们那忧郁的形状。

Les toiles sont immenses et monumentales permettant la confrontation directe du spectateur à ces corps véritables et nus, à cette matière épaisse et généreuse, à ces formes alanguies.

        有些画作显然并未完成但已经大致成形。它们接近完成,有些局部反复交叠着强烈冲撞的色彩,混杂着灿烂金黄的凝胶、色粉和油料。正如这些身体,在画布上脱衣展露,郑重为观者揭开赤裸的真相,以此表现她那本初和原始的贞洁。到底是未完成还是成品呢?作品仍有令画家实现最初想象的完善空间。

Certaines toiles portent encore les marques d’un travail inachevé mais maîtrisé. Le rond est visible et se mêle par contraste aux parties couvertes et revouvertes de cette mixture généreuse de liant, pigments et huile brillante et dorée. Tout comme ces corps montrés, le support se dévoile et se héshabille, offrant avec pudeur sa vérité brutale, montrant par cela même sa pureté initiale, originelle, virginale. Inachèvement ou finalité ? La toile conserve la perfection idéale du fantasme premier de l’artiste.

        有些景象令人窒息。一具男体身体几乎融化在相互重叠蠕动的女性身体中间。一、二、三甚至四个身体以一种连续的、动荡的和湿润的体操方式相互纠缠。人物是主体,但他们又并非特殊个体。抽去身体的属性,它们仿佛代表了存在本身,一种自由,一种独立,击退一切贴标签的企图。这种肉体的慵懒投映着画家定格的意念,他用几乎恶魔般的肉体纠缠,让它们互相融化消解,让它们失语,他坦白、证明、迷恋、挑战自己那想象的巨怪,并向它认输,彻底投降。

Certaines surfaces sont étouffantes. Ces toiles où le corps de l’homme se fond dans ceux des femmes multiples et grouillantes. Un, deux, trois, quatre corps se mêlent, s’entremêlent dans une gymnastique incessante, remuante, moite. Des membres dominent mais restent anonymes. Détachés de leurs corps d’appartnance ils semblent prendre une existence propre, une liberté, une indépendance où toute identification devient impossible. Ce marasme corporel répond d’une idée fixe, d’un accouplement quasiment monstrueux où les corps se sont fondus les uns dans les autres pour ne former q’un amas sourd, qu’un monstre de fantasme avoué et démontré, attaché, voilenté dans une totale soumission.

        观者,即便预先知道这些画面的强烈和刺激,面对作品时仍然会心理失衡,惊讶得透不过气。他会看到一些最私密最温柔的场景:裸体的女人们被画家捕捉到日常生活中最最粗俗私密的瞬间,母性光辉的最最动人和不为人知的一面,青涩的裸体被画家以最最温柔的目光照拂,浅淡色的乱发散落到赤裸的肩膀上,

Face à ces images violentes et agressives déstabilisant le spectateur même averti se dévoilent des visions dans des ambiances plus intimistes et plus douces : Des portraits de femmes nues saisies dans l’intimité la plus triviale de leur quotidien, aux maternités les plus émouvantes et inédites, nus verts aux regards pleins de douceur ; les cheveux irréellement pâles laissés pantelants, tombés sur leurs épaules dévoilées.